Livre noir sur fond blanc


« L’auteur ne doit donc pas se faire l’ethnologue de son peuple, pas plus qu’inventer lui-même une fiction qui serait encore une histoire privée. Il reste à l’auteur la possibilité de se donner des interces seurs, c’est à dire de prendre des personnages réels et non fictifs, mais en les mettant eux-mêmes en état de “ fictionner “ de “ légender” de “fabuler”. L’auteur fait un pas vers ses personnages, mais les
personnages font un pas vers l’auteur : double devenir.
La fabulation n’est pas un mythe impersonnel, mais ce n’est pas non plus une fiction personnelle : c’est une parole en acte, un acte de parole par lequel le personnage ne cesse de franchir la frontière qui séparerait son affaire privée de la politique, et produit lui-même des énoncés collectifs.  »
Gilles Deleuze, L’Image-Temps, Editions de Minuit, 1985.

" El autor debe , por tanto, no ser etnólogo de su pueblo , ni inventarse una ficción que todavía sería una historia privada . Queda al autor la oportunidad de dar interces res , es decir, para hacer personajes reales y de ficción , no , sino por ponerse en un estado de " novelar " de " leyenda" de " fantasear " . El autor da un paso hacia sus personajes , pero personajes hacen un paso hacia el autor : Doble convertido .
Contar una historia no es un mito impersonal, pero no es una ficción personal: es una palabra en acto, un acto de habla por la que el personaje sigue cruzando la frontera que separaría su negocio privado la política, y el propio producto declaraciones colectivas. »
Gilles Deleuze, L’Image-Temps, Editions de Minuit, 1985.


Mise à plat du"Livre noir du Chili" vue au musée S. Allende, 2014